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La pêche en milieux hostiles

Obstacles, amis ou ennemis ?

Par Christophe Chapelier.

Nul n’ignore l’intérêt que portent les poissons envers les divers obstacles jonchant les fonds ou meublant les bordures de nos terrains de jeux. Qu’ils soient d’origine naturelle ou pas, ceux-ci sont pour la plupart de véritables spots à prospecter en tout premier lieu, mais pas n’importe comment…….

Vision sous marine :

Mais pourquoi un arbre, des souches, des herbiers, un tombant de mur en pierre ou tout autre chose pouvant être immergée, même des plus burlesques, peuvent devenir des hot spots ?
Plusieurs raisons à cela ……
En rivière un obstacle fait office de « casse courant » et les poissons aiment se réfugier derrière afin de s’y reposer..En étangs ou lacs, cela leur procure des zones sécurisées mais aussi des zones de repos, à l’abri parfois des pêcheurs mais aussi d’une chaleur écrasante lors des mois les plus chauds, plusieurs causes à effets peuvent motiver ce comportement ! Et il serait vraiment simpliste de s’arrêter à cela !

L’une des raisons majeures pour laquelle un arbre, des piles de ponts ou une descente rocheuse (et j’en passe) peuvent s’avérer être un poste intéressant pour nos chers cyprins, est certainement le gîte qu’ils peuvent procurer mais surtout pour le couvert qu’il peut apporter !

Les corbicules ou autres moules se plaisent à s’accrocher à tous types de supports (branches, pontons etc.…), les écrevisses quand à elles affectionnent les zones rocheuses ou empierrées qui leur fournissent un abri de choix dans les interstices créées par celles-ci !

Voilà ce qui doit vous guider dans votre choix de postes, car tous ne sont pas forcément des zones de tenues, d’où l’intérêt d’une étude approfondie du poste en matière d’attrait pour la carpe….

Des spots 4 saisons ?

De premier choix je dirai !

Commençons par l’hiver, un obstacle type arbre noyé, baignant à souhait dans l’eau jusque dans des profondeurs d’un minimum de 1m50, peut s’avérer être le lieu de résidence de quelques poissons durant cette saison froide, leur offrant ainsi la sécurité mais aussi le garde manger à portée de nageoire, ne leur demandant aucun effort de déplacement, donc très approprié au comportement de la carpe a cette saison où leur métabolisme se voit grandement ralenti.
Tout comme l’aplomb d’un muret, des enrochements ou bien même un enchevêtrement de branches sur le fond…et si quelques écrevisses un tant soit peu engourdies daignaient pointer le bout de leurs pinces et ainsi offrir la dose protéine nécessaire à dame carpe ! donc oui, les obstacles sont de bons postes d’hiver, mais évidement ce ne sont pas les seuls, toutefois ils demeurent des valeurs sûres pour notre traque !

Le printemps et ses premiers rayons de soleil auront tôt fait de réanimer un peu toute la vie sous marine, les écrevisses reprennent tranquillement du service, tout comme l’appétit des carpes ! Les rayons de soleil couplés à un léger vent du sud, vont rapidement réchauffer les faibles profondeurs, permettant souvent l’observation des poissons stagnant paisiblement au cœur d’amas de branches, profitant du moindre rayon de soleil ! Un régal pour les yeux….

Les eaux se sont réchauffées, atteignant ainsi des températures avoisinant les 17 degrés voire plus suivant les années, ce qui déclare la saison des amours ouverte ! Et là encore inutile de rappeler que n’importe quel type d’obstacle, joncs ou nénuphars devient très vite colonisé par ces demoiselles afin d’y déposer leurs œufs ! Mais par respect de l’éthique qui nous est chère, vous conviendrez qu’il est vivement déconseillé de venir troubler leurs ébats en voulant les harceler, alors que de toute façon lors de cette période elles n’ont que faire de nos appâts, c’est quasi peine perdue ! Ouvrez surtout grands les yeux, car une grande partie du cheptel se montre pour une fois pas farouche du tout, et se laisse observer même de très prés ! Pratique dans ce cas de se faire une idée d’un cheptel qui vous est peut être inconnu…

Les eaux se sont réchauffées, atteignant ainsi des températures avoisinant les 17 degrés voire plus suivant les années, ce qui déclare la saison des amours ouverte ! Et là encore inutile de rappeler que n’importe quel type d’obstacle, joncs ou nénuphars devient très vite colonisé par ces demoiselles afin d’y déposer leurs œufs ! Mais par respect de l’éthique qui nous est chère, vous conviendrez qu’il est vivement déconseillé de venir troubler leurs ébats en voulant les harceler, alors que de toute façon lors de cette période elles n’ont que faire de nos appâts, c’est quasi peine perdue ! Ouvrez surtout grands les yeux, car une grande partie du cheptel se montre pour une fois pas farouche du tout, et se laisse observer même de très prés ! Pratique dans ce cas de se faire une idée d’un cheptel qui vous est peut être inconnu…

Par contre dés la sortie de frai, les poissons rentrent en un véritable état de boulimie, avalant un peu tout ce qui se présente, et si par bonheur vous vous trouvez au bord de l’eau pendant ces moments magiques, qui ne durent malheureusement que très peu de temps au final, les piles de vos détecteurs risquent bien d’en prendre un sacré coup !

Et là encore une fois les obstacles, de par leur grande qualité de réserve alimentaire, s’avéreront être une nouvelle fois un bon choix pour y déposer une ou deux lignes.

L’été et ses fortes chaleurs durant les longues journées pousseront les poissons vers les zones ombragées, et les bordures végétales remplies d’arbustes surplombant l’eau se verront visitées par de nombreux poissons en quête de quelque degrés en moins, tout comme les plaques de nénuphars faisant office de parasol, ou les herbiers procurant un taux d’oxygène plus convenable la journée ! Ne reste plus qu’à les décider à en sortir …..

Donc, oui pour moi les obstacles sont des postes de choix durant les quatre saisons, à n’en pas douter !

A chaque situation sa technique 

Abordons maintenant le coté stratégique et technique suivant différents types d’obstacles. Prenons l’exemple d’un enrochement en bordure : Scion relevé pour soustraire au maximum la ligne des rochers abrasifs.En arrivant sur ce type de poste, une étude rapide s’impose et donc des déductions, qui vous permettront de mettre toutes les chances de votre côté d’y capturer un poisson !

Allons-y, des enrochements, lieu de prédilection des écrevisses qui trouvent de quoi se réfugier dans les interstices formées par l’entassement des rochers (bon point ça !), oui mais, suivant la saison, chaude ou pas et de l’activité de celle-ci, le choix des appâts est pour moi sans appel !

En saison chaude les Tiger auront ma préférence, pour leur coté indestructible, n’étant pas adepte de blindage plastique entourant mes si bonnes bouillettes. Une idée reçue peut être, mais qui je crois n’est pas prête de me lâcher. Une présentation équilibrée voire décollée me satisfait grandement.

Il n’y a qu’en saison froide que je m’autorise volontiers à y placer une bille bien fraiche sans craindre de pêcher à la goutte d’eau.

Localisation du spot :
Grandement facilitée si cet enrochement tant convoité se trouve sur votre propre berge, car la prospection se fera à pieds en cherchant à vue la zone propice à accueillir votre montage. Un rocher au dos plat reste très souvent l’idéal dans ce cas, et c’est précisément dessus que je raffole d’y tendre mon piège, et ce même dans très peu d’eau avec comme seul amorçage une poignée de graines meurtrières, de billes coupées en deux ou un petit stick irrésistible ! La pêche au spot prend ici tout son sens…
Il n’est pas moins judicieux de placer une canne un peu plus amorcée au pied de la descente rocheuse qui se stoppe très souvent assez nettement à quelques mètres du bord.

Coté matériaux :

Voici à quoi va tenir la réussite, une ligne exempte de tout défaut !
Pas de place ici pour l’à peu prés, tant au niveau des nœuds de raccord corps de ligne, arraché, mais aussi du bas de ligne, la sollicitation de la ligne sera forte, inutile de s’handicaper encore plus par de l’approximatif !

Rien d’extraordinaire dans la conception d’une ligne destinée à extirper un poisson de ces zones hostiles !
Un corps de ligne en 35 centièmes minimum, consolidé par un brin d’arraché d’une bonne dizaine de mètres en gros nylon type 50 voire 60 centièmes accompagné d’un montage clip porte plomb qui aura été au préalable retouché pour une libération plus efficace(pour la sécurité du poisson) ou un cassant , dont la terminaison par un bas de ligne d’une résistance inférieure à l’ensemble de la ligne sera le point faible de l’ensemble en cas de casse.

Pendant le combat il devient judicieux de laisser la carpe partir et reprendre un peu le large après le ferrage, et de ce fait, limiter les frictions et le phénomène d’abrasion que peut créer ce genre de spot !

Les arbres immergés :

Voilà le genre de poste qui en règle général ne manque pas d’attirer notre attention, et à juste titre d’ailleurs ! Les carpes trouvent en ces lieux tout ce dont elles raffolent, donc à nous d’en tirer parti ! Mais pas à n’importe quel prix évidement, l’accident peut être fatal pour une carpe si l’approche n’a pas était suffisamment réfléchie !

A l’approche de ce type d’obstacle, il devient nécessaire de bien analyser la situation, la façon d’aborder devra mettre toutes les chances de notre côté pour mener à bon terme et à coup sûr une éventuelle touche.

Dispositions des cannes :
Un repérage à vue et un sondage rapide à la canne afin de répertorier les branches les plus avancées s’impose ! ne surtout pas lancer les lignes au ras de celui-ci sans en connaître l’envergure sous l’eau, car sous le miroir les pièges sont nombreux !
Ceci fait, il va falloir se laisser une marge de sécurité qui sera déterminée par la distance plus ou moins grande nous séparant de l’obstacle, surtout si le corps de ligne est un nylon dont l’élasticité est à prendre en compte !si vous optez pour de la tresse le problème est résolu mais gardez à l’esprit que vous ne gagnerez pas à tous les coups dans ce genre de duel, donc inutile de tenter le diable et poser son montage au ras de l’obstacle.

En action de pêche, ça donne quoi ?

Ce type de pêche, que j’associe surtout à une pêche diurne, tant notre temps de réaction est limité, doit s’effectuer freins quasi bloqués, pêcheur calé sur son level aux « culs » des cannes ! Les touches sont franches et les poissons n’ont qu’une idée en tête, celle de retourner vite à l’ abri suite à la piqûre. L’apéro chez le voisin à 200m est donc à proscrire !
Dès le ferrage, nous devons nous imposer en exerçant une pression constante, ne concédant le moindre mètre tant que le poisson n’atteindra pas une zone plus propice pour le combat, où là nous pourrons revenir à un combat en douceur.

Point de vue montage, du costaud toujours du costaud !

Il existe une multitude d’obstacles, et autant de façons de les aborder, la seule et unique chose qu’il faut absolument garder à l’esprit est le respect du poisson et sa sécurité ! Un coup où un poisson sur deux réussit à rejoindre l’obstacle doit évidement être abandonné ou l’approche revue ! Sur des zones vraiment encombrées type champs de souches, l’utilisation d’un bateau devient un atout indéniable mais surtout indispensable pour mener à bien chaque combat…

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